L’utilisation de l’aérographe dans notre histoire est antérieure à celle du pinceau et remonte au Paléolithique. La première manifestation de l’art à cette époque se manifesta par une peinture pulvérisée à l’aide d’un os creux et de pigments naturels et une main posée, sur la roche d’une grotte.
Puis la technique de pulvérisation fut oubliée pendant des millénaires.
Et c’est en 1893 que l’Américain Charles L. Burdick ré inventa l’aérographe, puis traversa l’Atlantique pour fonder près de Londres la « Fountain Brush Company ». Il lança sur le marché la première série d’œuvres effectuées à l’Aérographe.
A cette époque, les œuvres à l’Aérographe étaient mal vues, non pas parce qu’elles manquaient de qualité artistique, mais parce qu’elles étaient réalisées à l’aide d’un outil mécanique.
Dans les années 1930, les premières œuvres font leurs apparitions dans des illustrations, des affiches. Avec des noms comme Bayer ou Masseau.
Dans les années 40, pendant la Seconde Guerre Mondiale, cette technique prend son essor mais à la fin de la guerre on ne l’utilise plus que dans le cinéma (dessin animés et SF).
L’Aérographe survécut des années dans le domaine de l’art commercial en tant qu’instrument utilisé pour retoucher des photographies, exécuter des affiches et illustrer des annonces publicitaires, ce qui le plaça définitivement hors du domaine des Beaux-Arts.
Au cours des années 60 né le Pop Art, mouvement artistique inspiré des images de la publicité et de l’art commercial qui sans aucun préjugé a utilisé tous les moyens d’expression artistique : huile, acrylique, vernis et émaux, sérigraphie, Aérographe.
En 1972, une nouvelle forme d’expression artistique a acquis ses lettres de noblesse, elle s’est appelée Hyperréalisme, c’est-à-dire le réalisme porté à la plus grande puissance.
Il va sans dire que l’Aérographe s’adaptait parfaitement à un style qui, tel l’Hyperréalisme, se caractérisait surtout par la netteté et la finition impeccable des images.
Cette nouvelle forme d’expression artistique ouvrira définitivement à l’Aérographe les portes des Beaux-Arts, portes infranchissables jusqu’aux années 80.
I. Un peu de mécanique
Un aérographe est avant tout un pulvérisateur de peinture. Les appareils se sont améliorés tant au niveau des matériaux qu’au niveau du poids, mais le principe est resté le même.
Un compresseur envoie de l’air dans l’aérographe. Lorsque vous appuyez sur la gâchette, l’air est libéré et sort par le chapeau. L’air sous pression provoque une dépression autour du sommet de la buse. En reculant la gâchette, l’aiguille recule et laisse passer la peinture attirée par la dépression. Ensuite l’air pousse vers la pointe de l’aiguille la peinture qui se mélange à l’air en fines gouttelettes pulvérisées.
Il existe différents models d’aérographe : simple ou double action.
Nous parlerons le plus souvent ici de double action.
Sachant que le simple action ne permet que le réglage du débit d’air avec la gâchette celui du débit de peinture ce fait à l’avance.
L’aiguille :
L’élément primordial dans la pulvérisation est l’aiguille. Ainsi, plus votre aiguille est propre, pointue et droite et plus votre jet sera fin. Une aiguille tordue vous donnera un jet dévié, un grain trop fort voir même de petites éclaboussures.
La buse :
Un autre élément primordial dans la pulvérisation. De son bon état de propreté dépendra le bon passage de la peinture mais aussi de l’aiguille. Le joint qui lui est associé est vital, quand à lui, pour la création de la dépression.
Le chapeau :
Il est surtout là pour protéger la pointe de votre aiguille et permet, en partie, de canaliser le jet d’air.
Vue explosé d’un évolution :
II. Maniement de la gâchette
Sur un aérographe double action, la gâchette permet de contrôler indépendamment les débits d’air et de peinture.
En appuyant verticalement sur la gâchette, on actionne le débit d’air.
La gâchette actionne en effet un piston relié à la valve d’arrivée d’air, augmentant le débit d’air de l’aérographe proportionnellement à la pression exercée.
Plus on appuie, plus le débit d’air est fort.
En tirant horizontalement la gâchette, on actionne le débit de peinture. La gâchette est reliée à l’aiguille qui bouche l’arrivée de peinture du récipient. En tirant la gâchette, on tire l’aiguille qui libère la peinture, proportionnellement au mouvement de recul exercé. Plus on tire, plus il y a de peinture qui sort.
Pour éviter des problèmes d’écoulement de peinture au niveau de la buse on respectera cet ordre :
On appuie à la verticale de la gâchette pour envoyer l’air puis on tire vers l’arrière pour laisser passer la peinture.
Et pour terminer on fera l’inverse.
L’un des gestes à éviter est : tirer la gâchette horizontalement sans avoir au préalable avoir envoyé l’air (pression verticale). Parce que dans ce cas on laisse s’écouler de la peinture dans la buse et du coup au moment où on va envoyer l’air on risque d’obtenir un gros « splash » de peinture. Sans compter qu’il vous faudra nettoyer votre buse.
III. La distance
La distance est l’un des autres paramètres essentiel dans l’utilisation de l’aérographe. L’éloignement entre le support et l’aérographe déterminera la largeur de la projection.
De même que plus votre débit de couleur sera grand plus vous devrez vous éloigné de votre support, sauf effets particuliers souhaité.
La peinture Procolor et createx sont certainement les plus utilisé en aérographie. La plupart des peintres sont habitués au spectre de couleurs de la gamme.
Alors la première question à laquelle on se retrouve confrontée est : Quelle Peinture passe dans l’aérographe ?
Réponse : oui. On peut passer quasiment toutes les peintures dans un aérographe Procolor, Createx, Schmincke, Prince August et même de la peinture à l’huile.
La différence entre ce genre de peinture et des peintures spéciales pour aérographe est, qu’il vous faudra passer plus de temps à nettoyer votre aérographe. Une peinture comme la Tamiya aura tendance à très vite encrasser la buse et la tête de l’aiguille. Du coup l’utilisation de telle ou telle peinture sera plus une question de confort que de difficulté d’utilisation.
L’autre point essentiel dans l’utilisation de telle ou telle peinture est la dilution.
La dilution est un point essentiel car d’elle dépend la qualité de votre peinture projetée.
La peinture acrylique se dilue avec du diluant officiel
Vous pouvez vous servir comme base d’une dilution de 8 de diluant pour 2 de peinture ce qui vous permettra de travailler avec une peinture transparente.
Mais il est possible de faire varier ces proportions en fonction des résultats escomptés et de la marque de votre peinture.
Ainsi pour une peinture couvrante on aura tendance à faire du 50/50 diluant, peinture.
Voir même dans certains cas de la peinture pure sans diluant
Le plus simple ici et d’essayer divers mélange pour trouver vos propres proportions.
Parlons un peu maintenant des problèmes que nous pouvons rencontrer :
a) Visser la tête d’air plus à fond
b) Nettoyer la buse et le joint d’étanchéité de la buse
c) changer la buse ou le joint de buse
a) Vérifier le contre-écrou de l’aiguille, et le cas échéant serrer le à fond
b) Nettoyer la buse et l’aiguille
c) Le cas échéant diluer plus le produit utilisé
a) Nettoyer les composants
b) Dévisser la soupape d’air et lubrifier le joint d’étanchéité à la tige de soupape
a) Nettoyer le capuchon, la buse, l’aiguille
b) Échanger la buse ou l’aiguille
a) Ne pas tirer la gâchette trop vers l’arrière
b) Augmenter la distance entre la surface et l’aéro
c) Moins diluer la peinture ou réduire la pression d’air
Pour commencer :
Ligne fine : Commencer avec l’air, ne tirer la gâchette en arrière qu’une fois le mouvement amorcé, afin d’éviter les points. Terminer en repoussant la gâchette vers l’avant puis en relâchant la pression pour finir. Le but ici, est de découvrir l’aéro tout en commençant à prendre les bonnes habitudes : pas de peinture sans air et toujours en mouvement.
Boucle : Commencer avec peu de peinture et une boucle fine. En suite passer à une boucle épaisse avec plus de peinture et une plus grande distance, puis réduire la quantité de peinture/distance. On commence ici la gymnastique du doigt (avant/arrière) couplé à la distance.
Des ptits points : Commencer avec de l’air puis d’un geste rapide on envoi une petite quantité de peinture. On fait varier en suite la distance et la quantité de peinture pour obtenir des points plus ou moins gros. On commence ici à s’habituer aux geste rapide et précis.



